Il n'existe pas de traitement miracle des acouphènes permettant de les guérir automatiquement, mais différentes thérapies et surtout des comportements à adopter permettent de les faire disparaitre totalement ou au pire pour certains patients de « s'y habituer »[16].
On considère que pendant les premiers 6 mois après l'apparition d'un acouphène sans perte auditive, les patients ont toutes les chances de les voir disparaitre.
Le traitement d'urgence « standard » lors d'un traumatisme sonore aiguë (TSA) entraînant des acouphènes est à base de corticoïdes et stimulant dopaminergique.
À partir du moment où le son perçu commence à diminuer en intensité, c'est que le patient est en bonne voie pour guérir.
Au-delà de ces 6 mois :
- Dans 75 à 80 % des cas, les acouphènes sont plus ou moins tolérés : certains parlent d'habituation neuro-psychologique.
- Dans les 25 % de cas restants, les acouphènes sont intolérables, allant jusqu'à une forte détérioration de la vie quotidienne, de la concentration et du sommeil.
- Le manque de sommeil est, avec le stress, l'une des causes essentielles de l'accentuation d'un acouphène ; il convient donc d'adopter une bonne hygiène de vie.
Les solutions envisageables sont alors les suivantes[17] :
- Des attitudes personnelles : prendre conscience que plus on prête attention aux acouphènes et plus on essaie de lutter contre eux, plus ils deviennent gênants. Il faut alors éviter le silence (par exemple avec une musique de fond relaxante), ne pas s'isoler et développer ses contacts extérieurs. Le but étant simplement d'essayer de « vivre avec eux », dans l'attente de traitements efficaces.
Après consultation d'un médecin ORL, on pourra recourir :
- aux thérapies cognitivo-comportementales qui ont un rôle essentiel et complémentaire des autres thérapies : soutien psychiatrique, consultation de la douleur ; l'hypnose apporte un soulagement dans 65 à 75% des cas[18] ;
- aux traitements médicaux allothérapeutiques (vasodilatateurs, anxiolytiques, antidépresseurs...) ; certains antiépileptiques qui atténuent considéralement la perception d'un acouphène, permettent de retrouver le sommeil et de passer le cap difficile des premiers mois d'habituation ;
- aux appareils auditifs, très utiles lorsque les acouphènes sont associés à une perte auditive modérée. À cet effet, un audioprothésiste pourra proposer divers types de générateurs de bruit blanc ;
- aux traitements médicaux chirurgicaux, comme l'implantation de Yo-yo, pour réduire notamment l'accumulation de liquides en pression dans la caisse du tympan.
Aussi, certains acouphènes sont directement liés à une dislocation de la mandibule se caractérisant par un claquement de la mâchoire. Le patient pourra, dans ce cas, consulter un stomatologue, afin de remettre la mâchoire pathologique en place et ainsi tenter de réduire l'intensité de ses acouphènes.
Par ailleurs, des essais thérapeutiques en stimulation magnétique trans-crânienne répétitive ont été utilisés, suivis de stimulations électriques après implantations d'électrodes corticales par voie neurochirurgicale[19]. D'autres essais sont en cours en France (Paris, Lyon).
De fait, les possibilités de soulagement existent et il est important de ne pas se résigner sans explorer toutes les pistes existantes.
Cependant, il faut savoir qu'à l'heure actuelle, il n'y a ni traitement ni thérapie véritablement efficace. Les pourcentages cités ci-dessus sont sujet à controverses et contestés. Dans les faits, ces thérapies qui existent depuis 30 ans (TRT, TCC, hypnose, ...) donnent des résultats médiocres. En réalité, il n'y a pas de véritable évolution depuis 30 ans dans la prise en charge thérapeutique des acouphènes[réf. nécessaire]. C'est une pathologie très difficile à soigner.